
Un excellent livre !
« La botanique redécouverte » de Aline Raynal-Roques chez Belin
Une soixantaine de pages y sont consacrées au nommage des plantes, à la taxonomie.
Un nom est bien utile à la désignation des plantes, et il serait bien que chaque plante soit connue sous un nom unique … mais tel n’est pas le cas !
Les noms vernaculaires
Nom vernaculaire : nom d’un animal ou d’une plante dans la langue courante (le nom scientifique étant donné en latin). Dictionnaire Petit Robert 2009
Dans toutes les civilisations, les plantes connues, utilisées ou dangereuses ont été nommées. Mais rien n’est simple dans le nommage d’une plante, ce qui pourtant est nécessaire pour identifier de manière sûre une plante.
Par exemple, un même nom peut désigner plusieurs espèces différentes :
La « Queue de renard » peut désigner Amaranthus caudatus, Alopecurus pratensis, Carex vulpina et bien d’autres espèces encore.
Une même espèce peut être désignée sous différents noms vernaculaires :
Par exemple « Hepatica nobilis » est connue, rien qu’en France, sous Anémone hépatique, Hépatique noble, Hépatique à trois lobes, Herbe au foie, Herbe de la Trinité.
Et puis il ne faut pas confondre les «lauriers», laurier-sauce (Laurus nobilis) qu’on utilise en cuisine, laurier-des-bois (Daphne laureola) très toxique, tout comme plusieurs autres lauriers!
Sans parler de ces noms de plantes dans d’autres langues, l’anglais, l’allemand, l’italien, l’espagnol, le portugais….
C’est pourquoi, de longue date, les botanistes ont préconisé l’emploi d’une langue unique, bien avant Carl von Linné, naturaliste suédois, né le 23 mai 1707 et mort le 10 janvier 1778. Et à ces époques, la langue scientifique universelle était le latin.
Nom binominal
C’est Carl von Linné qui normalisa le nom des plantes en latin.
Chaque espèce appartient à un genre, le nom d’une espèce est donc composé de deux mots :
– le nom du genre, écrit avec une première lettre majuscule.
– une épithète qui désigne l’espèce à l’intérieur du genre, écrite avec une première lettre minuscule.
Par exemple, le genre «Gentiana » regroupe environ 400 espèces des milieux montagnards :
– Gentiana alpina
– Gentiana alba
– Gentiana aquatica
– Gentiana lutea
etc…
IPNI
L’IPNI, pour « International Plant Names Index » ou «Index International des Noms de Plantes » recense l’ensemble de tous les noms de plantes de la planète, validés par la communauté scientifique.
L’IPNI est une collaboration entre The Royal Botanic Gardens de Kew, The Harvard University Herbaria, and The Australian National Herbarium hosted by the Royal Botanic Gardens de Kew (KEW est un quartier de Londres célèbre pour ses jardins botaniques royaux).
Nom de l’auteur de la description
L’espèce décrite et nommée sera suivi du nom de l’auteur responsable de la publication de cette nouvelle espèce.
Thymus serpyllum L. L. pour Linné
Lam. est l’abréviation de Lamarck
etc…
La notion de sous-espèce
Au sein d’une même espèces peuvent apparaitre des distinctions peu importantes. Les sous-espèces restent interfertiles entre elles… mais ces sous-espèces sont isolés les unes des autres, souvent pour des raisons géographiques.

Par exemple Linum perenne
Linum perenne subsp. anglicum Iles britaniques
Linum perenne subsp. alpinum Pyrénées, Alpes,Apennins, Oural
Linum perenne subsp. montanum Jura, Alpes du nord
Linum perenne subsp. extraaxillare Carpates, montagne des Balkans
Les variantes
Si dans des conditions naturelles, les plantes peuvent croître ensemble, on parlera de «variante». Le taux de dissemblance de deux variantes est plus faible que pour les sous-espèces.
Leonotis nepetifolia (une labiée) est connue sous deux aspects, Leonotis nepetifolia var. nepetifolia et Leonotis nepetifolia var. africana